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Exclusif - M André Brack le célèbre exobiologiste Français répond aux questions de www.parlons-ovni.fr

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M André Brack est Directeur de Recherche Emérite au Centre de biophysique moléculaire du CNRS à Orléans.

 

Astrobiologiste, il étudie les origines de la vie, son évolution et sa distribution dans l'Univers.

 

Actuellement membre du bureau exécutif de la Sous Commission F3 du Comité de Recherche Spatiale (COSPAR), il préside le Réseau Européen d'Astrobiologie, qu'il a fondé en 2001 et qui regroupe les astrobiologistes de 17 pays européens.

 

Il est membre fondateur du GDR Exobiologie du CNRS depuis 1999 et membre du groupe thématique Exobiologie du CNES. 

 

C'est avec gentillesse que M Brack a accepté de répondre à quelques questions traitant de la science qui le passionne et qu'il a adressé un message personnel aux internautes de www.parlons-ovni.fr

Je le remercie très sincèrement pour sa disponibilité.

 

M Brack, pouvez vous présenter l'exobiologie à nos internautes ?

L’exobiologie a pour objet l’étude de la vie dans l’Univers. Son but ultime est la découverte d’une vie extraterrestre en prenant la vie terrestre comme référence.

 

Comment devient on exobiologiste ?

L’exobiologie est une discipline très pluridisciplinaire qui va de l’astronomie à la biologie en passant par l’astrophysique, la planétologie, la géologie, la géochimie, la paléontologie, la minéralogie, la chimie et la biochimie. Plusieurs entrées sont donc possibles, en fonction de ses affinités :

  • les mathématiques et la physique, pour l’astronomie, l’astrophysique, la planétologie
  • la géologie/minéralogie, pour l’étude de la vie fossile sur Terre et dans le système solaire
  • la chimie, pour la chimie de l’origine de la vie et la chimie planétaire
  • la biologie, pour l’étude de la vie terrestre dans les milieux extrêmes, la recherche d’un ancêtre bactérien commun, la vie dans l’espace.

Les exobiologistes sont ils nombreux en France ?

Environ une centaine répartis dans une douzaine de laboratoires.

 

Pour pratiquer cette science faut il donc adopter le postulat que les extraterrestres existent ?

Pour la vie microbienne extraterrestre, ce n’est pas un postulat à proprement parler mais plutôt une hypothèse de travail, partant du principe que la chimie est reproductible : les mêmes ingrédients placés dans des conditions identiques conduisent aux mêmes produits.

La reproductibilité devient difficile si le nombre et la variété des molécules nécessaires sont très grands et si toutes les spécificités de la Terre participèrent à l’émergence de la vie (champ magnétique permanent, tectonique des plaques, présence de la Lune et de la ceinture d’astéroïdes).

Quant aux extraterrestres, il est difficile de savoir si les microbes primordiaux terrestres étaient destinés à générer Homo sapiens.

 

L'exobiologie semble associer la recherche de la vie extraterrestre à la découverte d'exoplanètes identiques à la Terre pouvez vous expliquer pourquoi ?

On recherche effectivement des exoplanètes possédant des océans et de la chimie du carbone, ingrédients qui démarrèrent la vie sur Terre.

Ce couple a des vertus spécifiques supérieures à celles des autres couples envisageables.

 

N'est ce pas trop limitatif ? Par exemple une autre forme de vie ne pourrait-elle être découverte sur Titan ?

Titan présente en effet une chimie du carbone très active et des océans de méthane et d’éthane liquides.  Ces derniers non pas les vertus de l’eau à l’état liquide mais permettent peut-être l’émergence de systèmes moléculaires capables de s’auto-reproduire et d’évoluer.

Ces systèmes « exotiques » devraient néanmoins présenter une rupture de symétrie au niveau moléculaire.

 

L'analyse de l'atmosphère de planètes éloignées  est possible et semble de plus en plus précise, pouvez vous rapidement expliquer la ou les techniques utilisées ?

Essentiellement deux techniques :

1) Par l’analyse du rayonnement infrarouge réémis par la planète. La planète reçoit de l’infrarouge de l’étoile. Une fraction de ce rayonnement infrarouge est réémis par la planète et traverse son atmosphère en étant  modifié par les molécules qu’il rencontre. Il suffit donc d’observer ce rayonnement réémis mais ce rayonnement est extrêmement faible (une bougie près d’un phare marin !). Les astronomes pensent pouvoir « éteindre » virtuellement la lumière de l’étoile par interférométrie à l’aide de 5 télescopes spatiaux.

2) Par l’analyse de la lumière de l’étoile qui traverse l’atmosphère de la planète lorsque cette dernière passe devant l’étoile (transit).

 

Y'a t'il encore des marges de progrès dans ce domaine ? Et dans quels délais arriveront elles ?

L’analyse des atmosphères en cours de transit a  commencé sans apporté jusqu’à présent les signatures moléculaires espérées (Oxygène, dioxyde de carbone et vapeur d’eau).

La mission spatiale à 5 télescopes n’a pas encore été programmée.

 

A quand la grande découverte de la vie sur une autre planète ?

Impossible à prévoir.

Demain, peut-être, si l’on détecte la signature attendue dans les atmosphères exoplanétaires par transit ou si l’on capte des signaux intelligents émis par une civilisation extraterrestre.

 

Avez vous un message personnel à adresser aux internautes de www.parlons-ovni.fr ?

Les exobiologistes sont à la recherche d’une seconde genèse (voir l’article sur http://www.3af.fr/sites/default/files/lettre_3af_n-6_2010.pdf).

Une visite confirmée de voyageurs extraterrestres répondrait de manière spectaculaire à cette attente.  Encore faudrait-il qu’une telle visite soit vraiment confirmée. La sagesse veut que l’on reste ouvert à cette possibilité sans pour autant attribuer systématiquement tout phénomène non expliqué à la présence de voyageurs extraterrestres.

 



02/07/2014
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